Louis
Fortier
Département de biologie, Université Laval
Ottawa, le 24 octobre 2000
La banquise qui recouvre la partie centrale de l'Océan Arctique
s'est amincie de 40% au cours des 30 dernières années
et son étendue s'est rétrécie de 14%. On ignore
si cette tendance fait partie d'un cycle naturel ou représente
les signes avant-coureurs d'un réchauffement climatique planétaire.
La banquise contrôle les échanges de gaz (incluant les
gaz à effet de serre) entre l'atmosphère et l'océan,
détermine le taux de séquestration du gaz carbonique par
l'Océan Arctique et constitue l'habitat irremplaçable
de l'unique faune arctique. Étant donné l'importance potentielle
de l'Océan Arctique dans le contrôle du climat planétaire,
la plupart des pays du G7 ont récemment accéléré
leurs programmes de recherches arctiques. Malgré ses responsabilités
évidentes dans l'Arctique, le Canada n'a pas suivi ce mouvement
international. La cause principale de cette inertie est un désinvestissement
depuis 20 ans dans les programmes fédéraux arctiques,
désinvestissement qui laisse la communauté des sciences
nordiques dans une situation de crise. Une exception remarquée
au manque de leadership canadien dans l'Arctique est l'Étude
internationale de la polynie des Eaux du Nord (NOW). En regroupant l'expertise
scientifique et les moyens logistiques et financiers des universités
et des instituts fédéraux, et en invitant la communauté
internationale à compléter l'expertise canadienne, le
Réseau de Recherche NOW a réalisé un programme
multidisciplinaire exceptionnel en océanographie arctique. Les
avantages et les difficultés de l'approche en réseau international
sont illustrés et quantifiés. La conclusion s'impose qu'une
telle approche est la seule avenue qui s'offre au Canada pour remplir
son mandat de recherche dans l'Arctique et pour ré-affirmer sa
souveraineté dans le Grand Nord.