Menu principal
 
  Qui sommes nous?
Petits déjeuners
Symposium
Membres
Dossiers parlementaires
Études PFST
PFST-Industrie Canada

Protection de la vie privée
 
  Symposium 2001
 
 
La recherche: clé du bien-être au Canada

OTTAWA, LE 17 OCTOBRE 2001
La version prononcée fait foi


INTRODUCTION

Je vous remercie, David, de votre aimable présentation. Bon après-midi, Mesdames et Messieurs!

Je me sens privilégié d'avoir l'occasion de parler à un auditoire aussi érudit au sujet de l'importance de la recherche pour le bien-être des Canadiennes et des Canadiens. Il est heureux que, cette année, le Collectif ait convoqué son symposium sur la colline du Parlement pour réunir des chercheurs, des parlementaires et d'autres personnes qui s'intéressent à l'avancement de la politique scientifique.

Avec vos mémoires et vos cahiers de recherche si importants que vous déposez devant les comités parlementaires, vous jouez un rôle déterminant, car vous fournissez au gouvernement des commentaires sur des thèmes scientifiques et technologiques.

Plus tard, cet après-midi, plusieurs brillants chercheurs vous parleront des travaux qu'ils ont menés sur le cancer. J'ai été médecin de famille pendant 19 ans dans ma ville natale de Montmagny et je me suis intéressé aux dossiers de la santé dans le monde en développement. Voilà qui me permet de comprendre l'importance et les conséquences de ces travaux!

LA VISION

En janvier 2001, le gouvernement s'est donné, dans le discours du Trône, d'ambitieux objectifs en matière d'innovation:

veiller à ce que le Canada figure parmi les pays les plus novateurs de la planète et qu'il demeure en tête, malgré la mondialisation rapide et l'évolution technologique qui a lieu à un rythme ahurissant;
faire en sorte que, parmi les grandes économies mondiales, le Canada passe du 15e au 5e rang quant à l'intensité des investissements faits dans la recherche-développement.
Le gouvernement du Canada veut élaborer une vision nationale et une stratégie d'innovation qui feront intervenir des acteurs clés et les mettront au défi de passer à l'action. Dans le cadre de cet effort, il s'est engagé à doubler les crédits qu'il affecte à la R-D d'ici 2010. Bien qu'il ait pris les choses en mains au cours des dernières années, le gouvernement ne sautait arriver à relever tous ces défis à lui seul.

Notre réussite collective et la prospérité nationale dans la nouvelle économie du savoir seront fonction des efforts conjoints de nombreux intervenants et experts. Nous dépendons tous et toutes les uns des autres, mais en même temps, chacun de nous a son rôle à jouer. Le gouvernement doit faire preuve de leadership, certes, mais il lui incombe aussi d'encourager le développement des atouts scientifiques du Canada.

Afin de susciter un consensus entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en faveur de la réalisation de cet objectif, le ministre de l'Industrie, M. Brian Tobin, et moi-même nous sommes réunis avec les ministres responsables de la Recherche, des Sciences et de la Technologie, le mois dernier à Québec.

Nous nous sommes entendus sur une série de principes dont la mise en application aidera le Canada à devenir un des pays les plus novateurs du monde. Par exemple, nous nous sommes engagés à collaborer de près afin de régler la question des frais indirects de la recherche universitaire, qui fait depuis longtemps problème.

Les événements tragiques du 11 septembre aux États-Unis nous ont obligé à faire une pause. Le gouvernement fait face à de nouveaux besoins coûteux en matière de sécurité, besoins auxquels il faut répondre promptement. Cependant, son programme de promotion de l'innovation s'étend sur dix ans. C'est donc une entreprise à long terme.

Nous pouvons faire beaucoup de choses (et nous avons déjà pris bien des menures) pour établir un contexte qui encourage l'innovation.
Il faut du temps et des efforts soutenus pour parvenir à un consensus sur une démarche coordonnée. Nous devons nous y mettre maintemant.
Un Canada plus novateur aura des emplois plus nombreux et meilleurs à offrir et se caractérisera par une prospérité accrue. Chaque mesure que nous prenons aujourd'hui contribue à créer des possibilités pour les Canadiens et les Canadiennes des générations à venir.
Afin de réaliser le programme de promotion de l'innovation, je collaborerai de près avec le ministre Tobin, pour amener les intervenants à formuler une vision nationale commune sur l'innovation. Pour cela, le gouvernement publiera notamment un mémoire sur l'innovation, et il compte bien obtenir là-dessus les commentaires des membres du Collectif et ceux d'autres groupes hautement informés sur ces questions.

J'exhorte les membres du Collectif à participer à ce processus, car nous pouvons tous et toutes profiter de leur sagesse.

RÉALISER LE POTENTIEL NATIONAL

Je ne pense pas exagérer en disant que, récemment, le Canada a causé un certain émoi sur la scène internationale. L'engagement renouvelé qu'il a pris en faveur de l'excellence dans la recherche n'est pas passé inaperçu.

Le Canada a été le premier pays du monde à adopter une démarche novatrice pour renouveler l'infrastructure de la recherche dans ses universités, en créant la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI). La FCI a été mise sur pied en 1997, à titre d'organisme indépendant chargé de reconstruire les laboratoires et les installations de recherche dans les universités et les hôpitaux du pays, et de réinvestir dans ces établissements.

Je suis heureux de dire que la FCI a produit les résultats escomptés. Jusqu'ici, elle a appuyé plus de 1 400 projets dans une centaine d'universités et d'hôpitaux. Dans le cadre de chacun des projets financés jusqu'ici (plus de 900 millions de dollars), les institutions ont pu bénéficier de fonds de contrepartie versés par les provinces et obtenir des crédits supplémentaires du secteur privé et des universités mêmes.

Comme la contribution fédérale s'établit à 3,15 milliards de dollars et que la formule de financement adoptée par la FCI suit un ratio de 40/60, nous sommes davantage capables de répondre aux besoins des établissements de recherche dans l'avenir, en matière d'infrastructures.

Je mentionne aussi le programme des Chaires de recherche du Canada qui va créer 2 000 postes de chercheur dans les universités de toutes les parties du pays. Le gouvernement fédéral investira 300 millions de dollars par année dans le programme.

Quant à elle, la FCI fournira 250 millions de dollars entre 2000 et 2005 afin de procurer aux titulaires des chaires les installations de recherche de catégorie mondiale dont ils auront besoin pour soutenir la concurrence mondiale et former les prochaines générations de chercheurs canadiens. Ces fonds affectés à la recherche et aux infrasructures donnent à nos jeunes cerveaux les plus brillants une bonne raison de rester ici et d'innover pour améliorer la vie des Canadiens et des Canadiennes.

Par ailleurs, le budget des Instituts de recherche en santé du Canada a doublé. Les 13 instituts du groupe répondent d'une nouvelle manière aux besoins du pays en matière de recherche en santé, en mettant davantage l'accent sur les résultats. Un de ces instituts se consacre d'ailleurs à la recherche sur le cancer.

Récemment, le gouvernement a autorisé le versement de crédits spéciaux de 100 millions de dollars en cinq ans au Conseil de recherches en sciences humaines pour qu'il appuie des recherches sur divers aspects de l'économie du savoir, y compris les compétences en gestion, les besoins en matière d'éducation et l'apprentissage continu.

Cette Initiative concernant la nouvelle économie appuiera des chercheurs qui aident le Canada à demeurer à l'avant-garde de l'économie du savoir. Il est réconfortant de constater l'existence d'une collaboration interdisciplinaire grandissante entre les sciences de la vie, les sciences physiques et les sciences humaines. Ces liens détermineront fondamentalement l'avenir de notre programme de promotion de l'innovation.

Ces derniers temps, nous avons beaucoup entendu parler des nouvelles technologies et de l'influence qu'elles exercent sur la vie quotidienne de chaque membre de la population canadienne. Leur application à la génomique ouvre des horizons quasi illimités, ce qui mènera ensuite à des découvertes.

Génome Canada dispose maintenant d'un budget global de 300 millions de dollars grâce auquel le pays figurera parmi les chefs de file mondiaux dans la recherche et contribuera à l'instauration de la "culture de l'innovation".

Autre aspect important de la recherche en biotechnologie et en génomique, elle a trait à toute la gamme des questions éthiques et sociales. Comme cet élément influe très directement sur la vie quotidienne des Canadiens et des Canadiennes, le gouvernement se doit de les consulter et de les tenir informés de ses décisions.

LES ACADÉMIES CANADIENNES DES SCIENCES

Notre système global comporte un autre volet, et il faut en parler, je crois. C'est un projet qui me tient beaucoup à coeur.

Je veux parler de la nécessité de créer un organisme scientifique national. Ce n'est pas un nouveau dossier, mais j'estime qu'il y a au moins deux raisons pour lesquelles il convient maintenant de réexaminer la question.

Maintenant que les sciences occupent une place prépondérante dans le processus décisionnel, dans tous les milieux de vie, il importe de songer à la façon dont la société canadienne se tient au fait des incidences et des conséquences des sciences, notamment dans le contexte des négociations commerciales, au chapitre de l'élaboration des règlements et dans la recherche de solutions aux problèmes mondiaux que sont la lutte contre la maladie, la pollution et le réchauffement de la planète.

En octobre dernier, j'ai convoqué une table ronde canadienne sur la nécessité de créer un organisme scientique national. Les participants ont convenu qu'il fallait établir une académie nationale, multidisciplinaire et indépendante, qui examinerait les dimensions scientifiques sous-jacentes de questions pressantes.

Après cette réunion, j'ai mis sur pied un groupe de travail composé de représentants de diverses sociétés et associations de tous les domaines scientifiques au Canada, en les chargeant de formuler une proposition et de demander l'appui nécessaire en vue de la mettre en oeuvre.

Votre ancien président, Howard Alper, a récemment présenté les conclusions de ce groupe de travail au Comité des finances pour qu'il en soit tenu compte dans le prochain budget. Je tiens à remercier tous ceux et celles d'entre vous qui ont consacré des heures précieuses à la création de cette noble institution.

Les Académies canadiennes des sciences, groupe indépendant sans but lucratif, assureront un service public en fournissant des évaluations objectives sur les dimensions scientifiques sous-jacentes de questions pressantes et en donnant une voix crédible aux milieux scientifiques au Canada et à l'étranger. Le mot "sciences" désigne ici toute la gamme des sciences, y compris les sciences naturelles, le génie, les sciences de la santé et les sciences humaines.

Grâce au concours d'experts, les Académies canadiennes des sciences exécuteront des évaluations crédibles et objectives sur des questions importantes, évaluations qui aideront le public, le gouvernement et d'autres intervenants à prendre des décisions informées. Dans une société du savoir, les décisions éclairées reposent sur des évaluations indépendantes et multidisciplinaires des dimensions scientifiques des dossiers à l'étude.

Ces évaluations brosseront à tout le moins un tableau complet de questions complexes et préciseront les axes du débat. Dans le meilleur des cas, elles favoriseront une compréhension de base commune et l'établissement d'un consensus sur les questions à régler.

Je suis convaincu de la nécessité de créer un tel organisme au Canada et je suis déterminé à poursuivre cet objectif avec mes collègues du gouvernement.

CONCLUSION

Le Collectif en faveur des sciences et de la technologie et ses membres représentent un atout précieux pour faire progresser le programme canadien de promotion de l'innovation. Le gouvernement leur sait vivement gré de leur participation au processus de consultation.

Le Canada, ce n'est pas seulement un vaste pays rempli de beaux paysages où abondent les ressources naturelles. C'est aussi un pays disposant de ressources intellectuelles et de compétences en quantités quasi illimitées.

En profitant au maximum de ces ressources, nous assurerons la réussite économique continue du Canada et la réalisation de notre vision nationale.

Je compte sur le plaisir de collaborer avec vous pour relever ces défis.

Je vous remercie.