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Le Canada -- Un partenaire mondial en sciences et en technologie:
Une vision audacieuse et novatrice
pour le Canada dans l'espace

Marc Garneau, Président,
Agence spatiale canadienne

OTTAWA. 5 NOVEMBRE 2002


Monsieur Franklin, honorables invités, Mesdames et Messieurs, je vous remercie de cet accueil chaleureux.

Je suis particulièrement heureux d'être ici, avec vous cet après-midi, à un moment charnière de l'histoire de notre pays.

C'est en effet une période de défis, d'occasions et d'une grande effervescence pour le Programme spatial canadien.

Une période donnant naissance à une vision audacieuse et novatrice pour l'avenir de notre pays dans l'espace, une vision qui repose sur 40 années d'histoire qui n'a cessé d'étonner et d'inspirer les Canadiens et le monde entier.

Une période durant laquelle le Canada se tient prêt à participer à l'aventure la plus fabuleuse que l'humanité n'ait jamais connue.

La création du Programme spatial canadien repose sur cette vision audacieuse, qui a changé la vie des Canadiens de façon incommensurable.

En 1958, John Herbert Chapman, un jeune scientifique au service de l'ancien Centre de recherches sur les télécommunications de la défense, a présenté un plan ambitieux pour le Canada.

Il proposait en effet que le Canada lance un satellite de haute technologie pour étudier l'ionosphère, la couche de l'atmosphère terrestre chargée électriquement.

Il croyait que le fait d'étudier l'ionosphère à partir de l'espace nous aiderait à mieux comprendre les phénomènes associés aux tempêtes solaires, depuis les perturbations dans les radiofréquences jusqu'aux majestueuses aurores boréales.

C'était, pour l'époque, une idée révolutionnaire.

Il faut se rappeler que Spoutnik, le premier satellite dans l'espace, a été lancé en 1957, soit seulement une année avant la proposition de Chapman.

Baptisé « Alouette-1 », le satellite a été lancé en 1962 et a fait du Canada le troisième pays dans l'espace.

La coopération de la communauté internationale était au cœur de la réussite d'Alouette-1, car c'est la NASA — elle-même à ses tous débuts — qui a accepté de lancer le premier satellite canadien en échange de données.

Toutefois, la NASA considérait Alouette-1 comme une entreprise à risque et misait peu sur l'expertise du Canada en sciences de l'espace.

La NASA croyait que si jamais il survivait au lancement, le satellite ne serait en opération que pendant quelques heures, dans le meilleur des cas.

Alouette-1 n'a pas seulement fourni aux scientifiques des données impressionnantes tant en quantité qu'en qualité, il a également attiré l'attention des scientifiques du monde entier sur l'expertise canadienne.

L'histoire nous dit qu'Alouette a été en opération pendant 10 ans, après quoi il a été mis hors fonction et poursuit toujours son orbite autour de la planète.

Après le succès d'Alouette-1, Alouette-2 a été mis en orbite en 1965, suivi de deux autres satellites scientifiques, lancés au cours des cinq années suivantes, ISIS-1 et 2.

Ensemble, ces quatre satellites canadiens ont été à la source de plus de 1200 travaux scientifiques — rien de moins qu'un exploit scientifique pour le Canada.

Le Canada a continué de voir en l'espace une ressource pouvant répondre aux besoins uniques de ses habitants.

Simplement dit, nous nous sommes intéressés à l'espace parce que cela avait plein de bon sens.

Pour faire face au défi que posent les communications entre des populations dispersées sur une si vaste étendue, le Canada s'est également tourné vers l'espace.

Les satellites de communication Anik, les premiers de la sorte dans le monde, ont littéralement permis de créer un lien dans l'espace entre chaque parcelle de notre pays.

Notre satellite Hermès du Canada a ensuite vu le jour. C'est grâce à lui que les Canadiens ont eu pour la première fois un service de télédiffusion directe à l'échelle nationale, par satellite.

Aujourd'hui, la Société Radio-Canada fait appel à la retransmission à large bande et par micro-ondes par satellite pour atteindre près de 99 pour cent de la population, répartie dans six fuseaux horaires différents à travers le pays.

Lorsqu'il sera lancé dans un an, le satellite Anik F2 de Télésat, la dernière génération de la série, repoussera les limites un peu plus loin.

Ce satellite permettra d'offrir des services spécialisés, tels que la télémédecine, la télé-éducation, l'accès au commerce électronique et l'Internet haute vitesse aux Canadiens vivant dans les centres urbains, les régions rurales ou les régions éloignées à la grandeur du pays.

En fait, un accord historique d'une grande importance a été signé entre Télésat et les 633 collectivités des Premières Nations du Canada dans le but de leur fournir, d'ici 2004, l'accès par satellite aux communications et aux applications haute vitesse dans leur communauté, dont la plupart se trouvent dans des régions éloignées.

Ce n'est qu'un exemple toutefois, des résultats obtenus grâce à une vision porteuse d'avenir.

Durant les années 1970, tandis que les médias du monde entier étaient tournés sur les avancements de la course à l'espace américano-soviétique, la science de l'espace et la technologie continuait d'avancer au Canada; une nouvelle vision se dessinait.

Jouissant d'une réputation internationale grandissante sur son expertise en sciences spatiales, le Gouvernement du Canada a choisi de pousser davantage son engagement en matière d'excellence scientifique et technologique en misant sur la robotique.

Au début des années 70, la NASA a invité les chercheurs canadiens à jeter un coup d'œil sur les plans d'un futur lanceur réutilisable et rentable qui porterait éventuellement le nom de navette spatiale.

Lorsque les Canadiens se sont penchés sur les plans de la NASA en vue de la construction d'un bras robotique à bord de la navette, ils ont vu là l'occasion de faire un grand pas en avant et de réaliser leurs objectifs liés au développement de la technologie robotique.

En 1973, le Canada poursuivait l'élaboration d'un bras robotisé conçu pour les opérations complexes en orbite, tel que le déploiement ou la récupération d'un satellite.

Sous la direction du Conseil national de recherches et avec l'expertise de Spar Aérospatiale, le Canadarm a vu le jour.

Le premier « bras canadien » a été lancé en 1981, à bord de la navette spatiale Columbia.

Avec le mot-symbole Canada bien en évidence sur son côté, le Canadarm et son rendement spectaculaire est devenu le porte-étendard de l'excellence du Canada et a suscité la reconnaissance de monde entier.

Dans la nouvelle économie mondiale basée sur le savoir, la robotique spatiale est également devenue un marché à créneaux pour le Canada.

L'investissement initial pour la conception, l'élaboration et la construction du Canadarm a été d'environ 100 millions de dollars — un investissement considérable à cette époque.

Les retombées ont toutefois été énormes.

Du point de vue économique, notre investissement s'est traduit jusqu'à maintenant par des ventes à l'exportation de plus de 750 millions de dollars.

La coopération internationale dans les méga-projets de haute technologie était chose rare au cours des années 1970.

Ce projet conjoint est devenu un modèle pour les nouvelles alliances internationales et un exemple de la réussite des transferts technologiques.

De façon peut-être plus significative, le succès du Canadarm a ouvert la voie à de futures entreprises de collaboration internationale.

Les astronautes canadiens ont en effet été invités à participer au programme des vols spatiaux habités de la NASA.

À ce jour, il y a eu onze vols par des Canadiens et, en mai 2003, l'astronaute de l'Agence spatiale canadienne Steve MacLean devrait s'envoler pour une seconde fois.

Les États-Unis ont également invité le Canada à participer à la Station spatiale canadienne.

Aujourd'hui, notre Système d'entretien mobile perpétue la tradition d'excellence en permettant littéralement la construction de la Station spatiale internationale dans l'espace.

La contribution du Canada, soit le Canadarm2, la Base mobile (qui permet de déplacer le Canadarm2 tout le long de la Station) et bientôt, le robot le plus sophistiqué du monde, est absolument nécessaire à la construction et à l'entretien à long terme de la Station.

Demain matin, si vous observez le ciel vers 6 h 07, vous pourrez voir une preuve tangible des réalisations du Canada dans les programmes spatiaux internationaux.

C'est à cette heure que la Station spatiale émergera de l'horizon obscur, au nord-ouest, et se frayera un chemin dans le ciel du matin.

Lorsque vous observerez la Station glisser doucement au-dessus de votre tête, au troisième au rang des objets les plus brillants dans le ciel, rappelez-vous qu'elle est occupée en permanence depuis le 2 novembre 2000 — un poste de surveillance continu pour notre espèce à partir de l'espace, assemblé grâce à l'ingéniosité canadienne.

Au cours des deux dernières années, il y a eu au total 112 visiteurs à la Station, provenant de six pays, dont trois Canadiens.

Symbole vivant de la collaboration internationale, la Station a été construite par quinze pays, unis dans le but de faire avancer la connaissance scientifique mondiale.

En apportant comme contribution le système robotisé permettant la construction et l'entretien de la Station, le Canada a obtenu le droit que des scientifiques canadiens y mènent des expériences à son bord.

En outre, les expériences scientifiques du Canada à bord de la Station pourront profiter à la vie sur Terre.

Prenons l'exemple du projet EVARM, l'acronyme de Extravehicular Activity Radiation Monitors.

Conçu pour mesurer l'intensité du rayonnement auquel sont soumis les astronautes pendant les sorties extravéhiculaires, cette technologie canadienne, mise au point ici même, à Ottawa, par la société Thomson-Nielsen, trouve également une application pour la vie sur terre.

Cette technologie est utilisée dans environ 400 centres anti-cancéreux, répartis aux quatre coins du monde, pour surveiller les doses de rayonnement que les patients reçoivent durant leur thérapie.

La technologie canadienne élaborée pour assurer la santé des astronautes pendant qu'ils sont dans l'espace est maintenant au service de nos communautés nordiques.

Le programme I-SITE, pour Intelligent Screening of Imagery for Tele-ophthalmology, a recours à la télé-médecine pour le dépistage des maladies de l'œil causées par le diabète, dans les communautés autochtones au nord de l'Alberta où les cas de diabète sont de trois à cinq fois plus nombreux que la moyenne nationale.

Depuis ses débuts, avec l'arrivée du satellite Alouette, la raison d'être du Programme spatial canadien a d'abord et avant tout été de répondre aux besoins du gouvernement du Canada en fournissant des services de qualité aux Canadiens.

Ce rôle prend d'ailleurs de plus en plus d'importance aujourd'hui.

Peu après la création de l'Agence spatiale canadienne, à la fin des années 80, son mandat consistant à utiliser l'espace comme une ressource permettant de servir les intérêts du gouvernement du Canada, particulièrement dans les domaines de la souveraineté et de la sécurité, est passé au premier plan.

En 1969 et 1970, le Manhattan, un super-pétrolier affrété par la Humble Oil, a traversé le passage du Nord-Ouest sans s'informer de la position du gouvernement canadien.

Toutefois, c'est lors du voyage d'un brise-glace américain, le Polar Sea, en 1985, qu'un important conflit diplomatique a été soulevé entre le Canada et les États-Unis à propos de la revendication du Canada à la souveraineté dans le Grand Nord.

Cet incident a mené à l'Accord sur la coopération dans l'Arctique lequel exige des États-Unis qu'ils demandent l'autorisation du Canada pour toute circulation dans les eaux canadiennes.

Le gouvernement s'est tourné vers l'espace pour trouver à tout le moins un moyen de surveillance, sinon pour faire valoir son droit à la souveraineté dans le Grand Nord.

À la fin des années 1980, RADARSAT-1 a été élaboré pour assurer la surveillance de la vaste étendue du pays, de même que les mouvements des glaces et des navires.

Lorsqu'il a été lancé en 1995, RADARSAT-1 était le premier satellite à radar à synthèse d'ouverture commercial au monde, avec la capacité unique de prendre, jour et nuit, des images, peu importe les conditions climatiques.

Maintenant rendu à sa huitième année d'observation, soit bien au-delà des cinq années de vie prévues, RADARSAT a acquis une part de 15 pour cent du marché mondial des données d'observation de la Terre.

Il peut se targuer d'avoir un réseau international de stations réceptrices et une clientèle comptant plus de 600 utilisateurs gouvernementaux et commerciaux dans 58 pays.

Comme son nom l'indique, RADARSAT fonctionne en balayant la surface de la Terre à l'aide d'un radar à synthèse d'ouverture, contrairement à la prise d'images optiques, à l'instar d'une caméra.

Cette particularité lui permet de fonctionner jour et nuit, peu importe le couvert nuageux — ce qui en fait un outil puissant pour la surveillance de la Terre et de l'environnement.

Au cœur même de l'industrie canadienne de la télédétection, RADARSAT-1 offre des images permettant la répartition des brise-glace selon les besoins, la détection des déversements de pétrole et apporte de l'aide aux scientifiques dans des domaines comme la cartographie, l'exploration minière et gazière, l'hydrologie, la foresterie et l'agriculture.

RADARSAT-1 a littéralement cartographié la Terre entière. Il a produit la première mosaïque de l'Antarctique, celle du Canada, en été et en hiver, et celle de nos voisins du sud, les États-Unis.

Dernièrement, il a produit une carte exhaustive de l'Afrique; les images produites par le RADARSAT servent à localiser les sources d'eau souterraine et à cerner les régions à risque pour les maladies à transmission vectorielle, comme la malaria.

Depuis son lancement, RADARSAT-1 a également répondu à plus de cinquante appels d'urgence internationale, notamment en transmettant des images destinées aux équipes de nettoyage du déversement de pétrole au large des côtes des Îles Galápagos en 2001 et en aidant les équipes d'aide humanitaire à la suite d'un glissement de terrain au Salvador, durant la même année.

Plus récemment, aux dernières nouvelles, RADARSAT a détecté, le 8 septembre 2002, une nappe d'hydrocarbure de 100 kilomètres de long, au large des côtes de Terre-Neuve, dont on a retracé l'origine provenant d'un navire que l'on tient comme responsable.

Aujourd'hui, et demain, l'Agence spatiale canadienne cherchera d'autres usages à ce point d'observation de la Terre privilégié du haut du ciel — surveiller notre héritage naturel, protéger nos océans, étudier l'atmosphère et, par-dessus tout, avoir une meilleure compréhension de notre écosystème mondial en péril.

Le Programme spatial canadien apporte sa contribution au savoir mondial portant sur l'environnement de la planète grâce aux instruments scientifiques comme OSIRIS, un instrument canadien à bord du satellite suédois ODIN qui permet de déterminer non seulement où se produit le phénomène d'appauvrissement de la couche d'ozone, mais également comment il se produit en fonction de l'altitude.

Les instruments que le Canada a fournis à ENVISAT, le satellite d'observation de la Terre le plus gros et le plus complexe de l'Agence spatiale européenne, contribueront à l'observation la plus complète de notre planète jamais réalisée par un satellite.

De la taille d'un autobus à deux étages, ENVISAT permettra aux scientifiques de mieux comprendre comment les changements climatiques affectent nos terres, nos océans et notre atmosphère.

Dans le cadre d'un partenariat avec la NASA pour le satellite Terra, MOPITT, l'Instrument de mesure de la pollution dans la troposphère de l'Agence spatiale canadienne, aidera à dresser un portait complet de la pollution de l'air mondiale pour une ambitieuse étude sur les procédés environnementaux terrestres.

Pour la première fois, les politiciens et les scientifiques ont un moyen de repérer les sources de pollution de l'air et peuvent suivre de près le mouvement de la pollution, n'importe où sur la Terre.

L'animation que vous voyez maintenant est une compilation d'images recueillies par MOPITT et montre d'immenses nuages de monoxyde de carbone provenant d'incendies de prairie et de forêt en Afrique et en Amérique du sud se déplaçant lentement dans l'hémisphère sud et pouvant atteindre l'Australie durant la saison sèche de cette partie du globe.

C'est là une image dramatique nous rappelant que nous partageons tous la même atmosphère et que la pollution est le problème de chacun d'entre nous.

Dans trois ans, le robot le plus sophistiqué du monde sera installé sur la Station spatiale internationale.

C'est un produit canadien, présentement en construction au Canada.

Dans deux ans, RADARSAT-2, le satellite à radar à synthèse d'ouverture commercial le plus avancé qui soit, sera lancé dans l'espace.

C'est un produit canadien, présentement en construction au Canada.

Dans un an, le répéteur à large bande fonctionnant en bande Ka le plus sophistiqué au monde, sera lancé à bord du satellite de communication Anik F-2 de Télésat.

C'est un produit canadien, présentement en construction au Canada.

Au cours des six prochains mois, le Canada lancera SCISAT, le premier satellite entièrement canadien en 30 ans. Il étudiera principalement la couche d'ozone qui s'est détériorée d'environ 6 pour cent depuis 20 ans.

Des satellites de communication, jusqu'au Système mondial de localisation, en passant par les prévisions climatiques et la surveillance de l'état de notre environnement, l'espace change nos vies sur une base quasi-quotidienne. Au cours de cette courte période de 40 ans, le Programme spatial canadien a su établir sa crédibilité à l'échelle mondiale et démontrer son expertise en sciences et en technologies spatiales. Les Canadiens sont fiers de la place du Canada en sciences spatiales, mais les 20 prochaines années ne cesseront de les surprendre.

Les Canadiens doivent se préparer à assister à la plus grande aventure que l'humanité n'a jamais connue!

C'est avec cet esprit de bâtisseurs propre à la création de la nation que le Canada envisage l'avenir et fera ses premiers pas vers Mars.

Prochaine grande entreprise internationale après la Station spatiale internationale, Mars se présente comme la promesse la plus séduisante pour répondre à nos questions les plus fondamentales sur notre système solaire, notre univers et les origines de la vie.

Constituant l'un des corps célestes les plus facilement identifiables dans le ciel nocturne, la petite planète rouge nourrit notre imaginaire.

Étant la planète la plus rapprochée de nous, Mars appelle d'une façon particulière la communauté scientifique. C'est en effet la planète du système solaire qui ressemble le plus à la Terre. De plus, elle se trouve à une distance qui nous permet de l'atteindre.

Dévoiler ses secrets devrait nous permettre d'en connaître davantage sur l'évolution passée et à venir de notre propre planète. Les chercheurs espèrent qu'en se tournant vers les profondeurs de l'Univers, vers des planètes comme Mars, nous pourrons trouver des réponses aux questions les plus essentielles à propos de notre vie sur Terre : De quelle façon la Terre évolue-t-elle? Comment s'est formé notre système solaire? Y a-t-il de l'eau sur Mars et existe-t-il une possibilité de vie? Existe-t-il d'autres formes de vie ailleurs dans l'Univers?

Le Canada est déjà en route pour Mars. Au moment où je vous parle, un instrument scientifique canadien, appelé l'Analyseur de plasma thermique, se dirige vers Mars à bord du satellite japonais Nozomi.

Lorsqu'il atteindra la planète Mars en 2004, l'Analyseur de plasma thermique, ou TPA, procurera à la communauté scientifique d'importantes informations sur l'origine et la composition de l'atmosphère martienne.

La communauté internationale se prépare à aller encore plus loin dans l'exploration de la planète rouge. Des équipes de scientifiques sont en train de se former. Si le Canada veut y prendre part, c'est le moment où jamais, sinon, nous risquons de rater notre chance.

La bonne nouvelle, c'est que les scientifiques canadiens sont en mesure d'apporter une importante contribution à ces initiatives internationales et, grâce à la technologie canadienne, nous pouvons fournir certains outils.

On travaille actuellement à l'élaboration de plans dans le but de creuser sous la surface de Mars, passé le niveau du sol balayé par des vents violents où l'on détecte de dangereux niveaux de radiation, à la recherche d'eau et de vie.

Grâce à notre expertise confirmée dans les études de l'atmosphère, la télédétection, l'exploration minière et, bien sûr, la robotique spatiale, les scientifiques et l'industrie du Canada sont particulièrement bien placés pour contribuer aux projets d'exploration internationaux de Mars.

Au cours de la décennie, le Canada aimerait jouer un rôle prépondérant dans une mission scientifique vers Mars en y apportant sa technologie et son expertise.

Notre participation possible la plus rapprochée serait en 2007, année au cours de laquelle nous pourrions fournir des instruments scientifiques et participer avec les équipes de scientifiques à l'infrastructure de la mission Scout de la NASA afin d'envoyer de petits véhicules aéroportés ou des atterrisseurs sur Mars.

Le Canada pourrait également fournir des instruments scientifiques et l'infrastructure de la mission Mars Science Laboratory de la NASA, dont le lancement est prévu en 2009.

Nous sommes même en train d'étudier des propositions pour une mission de conception canadienne pour 2011.

Cette mission proposée ne serait pas exclusivement canadienne, car nous reconnaissons la valeur, voire la nécessité de la collaboration avec nos partenaires internationaux.

Toutefois, elle se distinguerait par sa couleur « canadienne » et mettrait de l'avant des idées, des technologies et l'expertise propres à notre nation.

L'espace contribue à faire de ce gouvernement un pionnier dans la recherche de solutions novatrices afin de livrer son programme aux Canadiens et de promouvoir l'expertise de l'industrie canadienne, ici comme à l'étranger. Nous devons cependant saisir l'occasion maintenant.

L'heure est venue de réaliser nos rêves les plus audacieux, d'aller de l'avant avec notre vision courageuse qui façonnera l'avenir de notre pays, la même vision dont s'est nourri le gouvernement canadien dans sa quête de l'espace passée et présente.

L'heure est venue de mettre à profit nos talents les plus brillants au service des activités internationales, qui en retour, serviront à tous les Canadiens dans leur vie de tous les jours et les préparera à prendre leur place dans l'économie mondiale croissante axée sur le savoir.

L'heure est venue de mettre de l'avant notre esprit de pionnier et d'amener notre nation à emboîter le pas vers le potentiel illimité de l'espace.

L'heure est venue pour le Canada d'imprimer de nouveau sa marque dans le cours de l'histoire de l'humanité.

C'est un trait distinctif de l'humanité de relever de grands défis. D'explorer. D'apprendre. De grandir. D'aller au-delà.

J'ai un souhait pour l'avenir de notre pays. Que notre capacité de nourrir des visions porteuses d'avenir nous entraîne vers l'avenir comme elle l'a fait par le passé. Et que les plus grands de nos rêves se traduisent par nos plus petites réalisations.

Merci.