MÉMOIRE
AU COMITÉ PERMANENT DES FINANCES DE LA CHAMBRE DES COMMUNES DANS
LE CADRE DE SES CONSULTATIONS PRÉBUDGÉTAIRES

soumis par le Partenariat en faveur des
sciences et de la technologie
le 25 septembre 2003
Introduction
Le Partenariat en faveur des sciences et de la technologie
(PFST) est une association coopérative regroupant plus
de 20 organismes nationaux oeuvrant dans le domaine des sciences
et de la technologie. Il a été constitué
en juin 1995 à l'invitation de l'Académie des
sciences de la Société royale du Canada. Les
organismes nationaux qui le composent représentent
des milliers de personnes travaillant dans l'industrie, le
monde universitaire et le secteur public. Ce collectif travaille
à la fois en autonomie et en partenariat avec le gouvernement
pour faire progresser la recherche et l'innovation dans l'intérêt
des Canadiennes et des Canadiens.
Le financement de base du PFST est assuré par ses
organisations. Ses réunions et autres activités
ont notamment pour but de définir les retombées
économiques de la recherche ainsi que les effets des
budgets de recherche au Canada, d'analyser les questions de
propriété intellectuelle et les autres entraves
possibles à la symbiose entre les universités
et l'industrie, d'examiner les dimensions internationales
des projets et organismes de recherche et de renseigner les
instances décisionnelles sur les sciences et la technologie
ainsi que sur l'importance de celles-ci pour le Canada.
Le PFST est une ressource de grande envergure qui, par le
biais de contrats, est à même d'organiser des
activités et de conduire des évaluations et
des études utiles pour les ministères et organismes
de l'État, les organismes non gouvernementaux et le
grand public. La Société royale du Canada lui
sert d'agent pour les contrats et ententes concernant ses
projets. Le Partenariat est doté d'un Comité
pour l'avancement de la recherche composé de représentants
de l'industrie et du monde universitaire qui étudie
des dossiers de toute première importance comme les
recherches à mener en priorité au Canada. Par
ailleurs, il propose chaque mois, conjointement avec le CRSNG,
un petit déjeuner causerie organisé dans les
édifices du Parlement sous le titre "Petits déjeuners
avec des têtes à Papineau" et qui a pour
but de renseigner les parlementaires sur les derniers progrès
scientifiques et technologiques. Il offre également,
en collaboration avec Industrie Canada, des conférences
sur les tendances de la politique scientifique prononcées
par des hauts responsables de différents pays. Enfin,
chaque automne, il organise un événement sur
un thème intéressant les sciences et la technologie
: l'édition 2003 présentera ainsi nos «Leaders
de demain».
Observations générales
Recherche et innovation sont les deux véritables clés
de voûte de l'amélioration de notre économie
du savoir et de la compétitivité future du Canada.
Le recherche, depuis la recherche fondamentale jusqu'à
la recherche appliquée, constitue un tout homogène,
et le travail de développement ouvre sur de nouveaux
domaines qui doivent être étudiés par
la recherche fondamentale, c'est-à-dire de façon
créatrice. Ces travaux stimulent le développement
économique et le développement des soins de
santé et, partant, produisent une amélioration
de la qualité de vie des Canadiens.
Le PFST se félicite de la palette des programmes créés
par le gouvernement du Canada depuis six ans, et notamment
la Fondation canadienne pour l'innovation, le Programme des
chaires de recherche du Canada, Génome Canada, le Fonds
d’appui technologique au développement durable,
les Bourses d’études supérieures du Canada,
ainsi que de la généreuse participation financière
de celui-ci aux Coûts Indirects. Nous sommes également
ravis que le gouvernement ait augmenté le financement
des organismes subventionnaires.
Enjeux et recommandations
Le PFST considère que les enjeux suivants méritent
toute l’attention du gouvernement du Canada.
1. Bureau des sciences et de l’innovation du CPM
Chaque Cabinet des premiers ministres et présidents
du G8 (par ex. É.-U., R.-U., Japon) et d’autres
pays par ex. l’Australie) compte un bureau des Sciences
et de l’Innovation (ou de la Technologie). De tels bureaux
assurent une approche coordonnée et cohérente
des enjeux relatifs à la recherche et à l’innovation.
Le personnel interagit sur une base continue avec le Parlement,
la Diète, ou le Congrès (par exemple, au Canada,
ceci comprendrait le Comité permanent de l’industrie,
de la science et de la technologie). Le bureau assume également
la responsabilité de la coordination des projets de
« Grande science », entre autres. Le fait de pallier
cette lacune de la gouvernance au Canada aurait d’importantes
répercussions sur notre société et améliorerait
notre compétitivité à l’échelle
mondiale.
2. Établir des priorités pour la recherche
Avec la création d’un nombre impressionnant
de nouveaux outils (par ex. la Fondation canadienne pour l'innovation
(FCI), le Programme des chaires de recherche du Canada (CRC),
les Coûts Indirects, Génome Canada, la Fondation
canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère,
les Bourses d’études supérieures du Canada,
et le Fonds d’appui technologique au développement
durable), et la mise en oeuvre d’initiatives financées
par d’autres entités (par ex. MaRS - Medicine
and Related Sciences) au cours des six dernières années,
il serait maintenant pertinent de faire le bilan et d’examiner
comment ces nouveaux instruments peuvent être associés
aux programmes existants (par ex. organismes subventionnaires,
les RCE, le CNR) dans l’intérêt de la recherche
et de l’innovation au Canada.
Au même titre, ces organismes, de concert avec les
ministères, ont lancé des initiatives très
prometteuses qui exigent une harmonisation complète
avec les structures de soutien en place.
Étant donné ce qui précède, c’est
un moment idéal dans l’histoire canadienne pour
définir les priorités de recherche au Canada
pour les 5 à 7 prochaines années. Un tel exercice
aurait une valeur inestimable pour notre société.
Il ferait la preuve d’une approche revigorée,
coordonnée et cohérente de l’éventail
des programmes en sciences et innovation dans l’ensemble
des secteurs (université, gouvernement, industrie).
En vue de l’accomplissement de ces tâches, il
est recommandé que le gouvernement mette en place deux
groupes d’experts : un premier groupe pour examiner
la relation entre les nouveaux outils décrits plus
haut et un soutien prolongé aux programmes permanents
de recherche et d’innovation, et un second groupe pour
traiter les priorités. En ce qui concerne ce dernier
groupe, ses documents de travail devraient comprendre, entre
autres, l’étude du PFST intitulé «Setting
Priorities for Research in Canada». Les deux groupes
pourraient rendre compte au nouveau Bureau des sciences et
de l’innovation du CPM proposé.
3. Commercialisation de la recherche
Les transferts de technologie et l'entreprise commerciale
sont devenus deux composantes importantes du produit de la
recherche en milieu universitaire. Il est impératif
que les universités améliorent considérablement
les possibilités de commercialisation du produit de
leurs recherches, et notamment la formation et l'embauche
de personnels spécialisés dans les domaines
de la propriété intellectuelle, de la gestion
des contrats, des brevets et licences, de la négociation
auprès de sociétés d'investissement et
de la gestion du capital-risque.
De même, le secteur privé a un besoin urgent
de nouveaux instruments pour assurer le succès accru
de la conversion de nouvelles inventions et découvertes
en produits et procédés ayant une grande valeur
commerciale. Les entreprises qui démarrent, ainsi que
le PME, ont besoin que la réserve de captal risque
soit sensiblement augmentée.
Le PFST recommande que le gouvernement du Canada accorde
de nouvelles ressources aux différents volets de la
commercialisation des recherches conduites par les universités
(par ex. le capital risque, l’acquisition hâtive
de produits novateurs). Il pourrait ainsi, par exemple, créer
un Office ou un Secrétariat de la commercialisation
qui pourrait relever d'Industrie Canada ou fonctionner comme
une organisation non gouvernementale. Une telle entité
serait chargée de travailler en collaboration avec
les universités, les entreprises, et le gouvernement
sur différents aspects du processus de commercialisation.
Par ailleurs, le PFST recommande vivement l'adoption d'une
politique semblable à celle des États-Unis afin
de réduire au minimum les obstacles aux partenariats
universités-industrie.
En vue d’accélérer la commercialisation
de la recherche, le PFST recommande également que :
- Le gouvernement soutienne la recherche et l’innovation
par les étudiants des cycles supérieurs et
en recherche postdoctorale qui travaillent dans des PME.
Ces chercheurs doivent bénéficier d’une
rémunération d’employé permanent
(non pas de subventions de niveau coop ou postdoctoral).
- Le Programme d’aide à la recherche industrielle
(PARI) du CNR soutienne les PME en offrant du financement
pour le personnel.
- Le gouvernement élargisse l’admissibilité
au Programme de crédits d’impôt pour
la RS & DE afin d’inclure le financement aux entreprises
n’ayant pas atteint un seuil de rentabilité,
en plus de celles qui sont rentables.
4. Caractère international
La recherche s’effectue à l’échelle
mondiale, et les Canadiens peuvent en tirer avantage de façon
importante en collaborant avec des chercheurs à l’étranger.
Le Canada représente environ 4 % de la capacité
recherche mondiale totale, ce qui permettrait aux chercheurs
canadiens, par le biais de collaborations et d’alliances
avec les chercheurs à l’étranger, de développer
leurs propres programmes dans le plus grand intérêt
des Canadiens. En outre, l’accès à des
installations non disponibles au Canada pourrait mener à
des développements rapides pour la recherche et l’innovation.
Le PFST recommande que le gouvernement du Canada créé
un fonds international de l’innovation (FII) de trente
millions de dollars par année afin de soutenir les
partenariats de recherche auxquels participent l’industrie,
le milieu universitaire ou le secteur public, dans des secteurs
considérés comme prioritaires au Canada. Le
PFST recommande que la Société royale du Canada
(en collaboration avec l’Académie canadienne
du génie et l’Institut canadien de médecine
académique) administre le programme du FII, une entente
similaire à celle en vigueur au R.-U. où, depuis
bon nombre d’années, la Royal Society est responsable
d’une importante partie des programmes internationaux
de recherche financés par le gouvernement.
5. Organismes subventionnaires et développement de
grappes
Les trois organismes subventionnaires (CRSNG, IRSC, CRSH)
ont bénéficié de nouveaux investissements
du gouvernement du Canada ces dernières années.
Le PFST félicite le gouvernement pour ces investissements.
Ces trois organismes doivent maintenant relever de grands
défis, dont :
- La pression énorme engendrée par le nombre
imprévu de nouveaux requérants.
- La nécessité de niveaux de financement
nettement plus élevés afin que nos pionniers
actuels et nos «leaders de demain» puissent
être concurrentiels à l’échelle
mondiale.
Nous estimons que les organismes devraient jouer un rôle
de premier plan, avec l’industrie en tête (par
ex. chaires des comités) et le CNR comme partenaire,
dans la création de nouvelles grappes qui serviront
de tremplins au développement économique.
Le PFST recommande que :
- Le gouvernement créé un programme tripartite
de développement de grappes mené par l’industrie.
- De plus, que le gouvernement augmente le soutien global
aux trois organismes.
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